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Droit immobilier
Mon propriétaire refuse de faire les réparations — que puis-je faire ?
L'obligation d'entretenir n'est pas négociable, et le bail ne peut pas y déroger. Ce qui varie, c'est ce que vous pouvez faire vous-même sans autorisation.
Mis à jour le 12 septembre 2026
La réponse courte
Le locateur est tenu de délivrer un logement en bon état d'habitabilité et de le maintenir ainsi pendant toute la durée du bail — et la clause par laquelle le locataire reconnaît que le logement est en bon état est sans effet (article 1910). S'il n'effectue pas les réparations auxquelles il est tenu, vous pouvez demander au tribunal l'autorisation de les faire et retenir sur votre loyer les dépenses ainsi autorisées (article 1867). Lorsque la réparation est urgente et nécessaire, vous pouvez agir même sans autorisation du tribunal, après avoir tenté d'informer le locateur (article 1868).
L'obligation du locateur, et ce que le bail ne peut pas faire
Le locateur doit délivrer le bien loué en bon état de réparation de toute espèce, en procurer la jouissance paisible pendant toute la durée du bail, et l'entretenir à cette fin (article 1854).
Pour un logement, l'exigence est reprise et renforcée : il doit être délivré en bon état d'habitabilité et maintenu ainsi (article 1910).
La dernière phrase de cet article est celle qu'il faut retenir : la stipulation par laquelle le locataire reconnaît que le logement est en bon état d'habitabilité est sans effet. Avoir signé un bail comportant une telle clause, ou une annexe « état des lieux », ne vous prive de rien.
La réparation urgente et nécessaire
C'est le recours le plus rapide, et le plus mal connu. Vous pouvez entreprendre une réparation ou engager une dépense même sans autorisation du tribunal, à deux conditions.
D'abord, avoir tenté d'informer le locateur — ou l'avoir informé s'il n'agit pas en temps utile. Ensuite, que la réparation ou la dépense soit urgente et nécessaire pour assurer la conservation ou la jouissance du logement (article 1868).
Vous avez alors droit au remboursement des dépenses raisonnables. Le locateur peut toutefois intervenir à tout moment pour poursuivre les travaux lui-même.
« Urgente et nécessaire » est une barre réelle : une fuite active, un chauffage hors service en hiver, une serrure fracturée. Un rafraîchissement esthétique n'y entre pas.
Faire autoriser les travaux et retenir sur le loyer
Lorsque la situation n'est pas urgente mais que le locateur n'agit pas, le recours est de demander au tribunal l'autorisation d'exécuter les travaux.
S'il autorise, le tribunal en détermine le montant et fixe les conditions. Vous pouvez alors retenir sur votre loyer les dépenses faites, jusqu'à concurrence du montant fixé (article 1867).
L'ordre compte : la retenue de loyer autorisée est un droit, la retenue décidée seule est un défaut de paiement qui peut mener à la résiliation du bail. Ne cessez jamais de payer sans autorisation.
Le logement impropre à l'habitation
C'est le cas le plus grave, et il obéit à ses propres règles. Est impropre à l'habitation le logement dont l'état constitue une menace sérieuse pour la santé ou la sécurité des occupants ou du public, ou celui qui a été déclaré tel par le tribunal ou l'autorité compétente (article 1913).
Le locateur ne peut ni offrir en location ni délivrer un tel logement. Le locataire peut refuser d'en prendre possession — le bail est alors résilié de plein droit (article 1914).
Si le logement devient impropre en cours de bail, le locataire peut l'abandonner. Il est alors tenu d'aviser le locateur de l'état du logement avant l'abandon ou dans les 10 jours qui suivent (article 1915). Ce délai de dix jours est court et il est décisif.
Moisissures, insalubrité, punaises
Ces dossiers se gagnent ou se perdent sur la preuve, plus que sur le droit. Le principe est clair; ce qui manque presque toujours, c'est la documentation.
Photographiez et datez dès la première constatation. Faites intervenir la municipalité ou le service d'inspection : un rapport d'une autorité vaut infiniment plus qu'un constat personnel.
Conservez les certificats médicaux si la santé est touchée, et le détail de ce que vous avez dû engager comme dépenses.
Le réflexe de départ
Écrivez. Une demande verbale de réparation ne laisse aucune trace, et le locateur soutiendra qu'il n'a jamais été avisé.
Une lettre datée qui décrit le problème, demande la réparation et fixe un délai raisonnable fait courir tout le reste : c'est elle qui établit à partir de quand le locateur n'a pas agi.
Conservez la preuve d'envoi et de réception. C'est la pièce qu'on vous demandera en premier.
Ce qu'il faut rassembler
- Le bail et l'état des lieux, s'il y en a un
- Des photos et vidéos datées, prises dès la découverte
- Vos demandes écrites de réparation, avec preuve de réception
- Le rapport d'inspection municipale ou de salubrité
- Les certificats médicaux, si la santé est en cause
- Les factures des dépenses que vous avez dû engager
Formulaires de bail : modifications en vigueur depuis le 1er janvier 2026
Le 1er janvier 2026, des modifications aux formulaires de bail obligatoires du Tribunal administratif du logement sont entrées en vigueur. Les formulaires imprimés qui étaient en vente avant cette date demeurent valides jusqu'au 31 décembre 2026. Pour les mettre à niveau, le Tribunal offre gratuitement une annexe d'ajustement aux exigences légales, qui intègre au bail l'information juridique à jour. Si votre bail a été conclu sur un ancien formulaire, c'est par cette annexe que les mentions à jour s'y ajoutent.
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Cette page présente de l'information générale et ne constitue pas un avis juridique.