Accueil›Assurances›Dégât d'eau : mon assureur refuse de…

Droit des assurances

Dégât d'eau : mon assureur refuse de couvrir les dommages — que puis-je faire ?

Les dégâts d'eau produisent plus de refus que presque tout autre sinistre en habitation. Le refus tient souvent à un seul mot de la police.

Mis à jour le 26 septembre 2026

La réponse courte

L'assureur doit réparer le préjudice causé par une force majeure ou même par votre propre faute, sauf si une exclusion est expressément et limitativement stipulée au contrat (article 2464). S'il invoque une exclusion, c'est à lui d'en prouver l'application (article 2803). En cas de doute, la police s'interprète en votre faveur (article 1432). Exigez donc la clause exacte sur laquelle repose le refus.

Le principe : votre faute ne suffit pas à refuser

L'assureur est tenu de réparer le préjudice causé par une force majeure ou par la faute de l'assuré, à moins qu'une exclusion ne soit expressément et limitativement stipulée dans le contrat. Il n'est jamais tenu de réparer le préjudice résultant d'une faute intentionnelle (article 2464).

« Vous auriez dû voir la fuite plus tôt » n'est donc pas, en soi, un motif de refus. L'assureur doit pouvoir pointer une exclusion écrite qui vise précisément la situation.

Les exclusions habituelles

Les polices d'habitation contiennent souvent des exclusions visant notamment les infiltrations graduelles ou continues, le refoulement des égouts, les eaux de surface ou le gel ; certaines garanties ne sont offertes que par avenant. D'où l'importance de lire sa propre police, avec ses avenants, plutôt que de supposer.

L'assureur ne peut invoquer une condition ou une déclaration qui n'est pas énoncée par écrit dans le contrat (article 2403).

Usure et vice propre

L'assureur n'est pas tenu d'indemniser le préjudice qui résulte des freintes, diminutions ou pertes du bien et qui proviennent de son vice propre ou de sa nature (article 2465). C'est souvent le fondement invoqué lorsqu'un tuyau usé cède.

La distinction entre le bien usé lui-même et les dommages qu'il a causés ailleurs est fréquemment au cœur du débat — et elle dépend du libellé exact de la police.

Qui doit prouver quoi

Il vous revient d'établir que le sinistre entre dans la garantie ; c'est l'application de la règle voulant que celui qui fait valoir un droit prouve les faits qui le soutiennent. Mais l'assureur qui prétend qu'une exclusion écarte votre droit doit prouver les faits sur lesquels il s'appuie (article 2803).

L'interprétation en votre faveur

La police d'assurance est généralement un contrat d'adhésion : ses stipulations essentielles vous ont été imposées et ne pouvaient être librement discutées (article 1379). Dans le doute, un tel contrat s'interprète en faveur de l'adhérent (article 1432).

De plus, dans un contrat d'adhésion, une clause illisible ou incompréhensible pour une personne raisonnable est nulle si vous en subissez un préjudice, à moins que l'assureur ne prouve vous l'avoir adéquatement expliquée (article 1436).

Agir vite

Déclarez le sinistre dès que vous en avez connaissance (article 2470). Photographiez et filmez avant tout nettoyage, conservez les pièces défectueuses, et obtenez par écrit l'avis du plombier sur la cause. L'assureur doit payer dans les 60 jours de la réception de la déclaration ou des renseignements qu'il a demandés (article 2473).

Ce qu'il faut rassembler

  • La police et tous ses avenants
  • Photos et vidéos prises avant le nettoyage
  • Le rapport écrit du plombier sur la cause
  • Les factures des travaux d'urgence
  • Les pièces défectueuses, conservées
  • Le refus écrit et la clause précise invoquée

Voir l'ensemble des dossiers en droit des assurances

Dégât d'eau refusé ?

Un appel initial de 30 minutes, à 150 $ plus taxes, pour lire la clause invoquée et évaluer le refus.

Cette page présente de l'information générale et ne constitue pas un avis juridique.