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Droit des assurances

Mon assureur refuse ma réclamation — quelles sont mes options ?

Un refus n'est pas une décision finale. C'est une position, et elle doit s'appuyer sur quelque chose de précis dans votre contrat.

Mis à jour le 26 août 2026

La réponse courte

Exigez d'abord le motif du refus par écrit, avec les clauses exactes de la police sur lesquelles l'assureur s'appuie. En assurance de dommages, le Code civil impose à l'assureur de payer l'indemnité dans les soixante jours suivant la réception de la réclamation et des pièces justificatives (article 2473) ; en assurance vie, ce délai est de 30 jours (article 2436). Votre recours contre l'assureur se prescrit généralement par trois ans (article 2925). Attention toutefois : votre police peut imposer des délais d'avis beaucoup plus courts, parfois de quelques jours après le sinistre.

La première démarche : obtenir le motif écrit

Un assureur ne peut pas refuser sur une impression générale. Le refus doit reposer sur une exclusion ou une condition identifiable de votre contrat, et vous avez le droit de savoir laquelle.

Demandez ce motif par écrit, en citant votre numéro de dossier, et demandez copie des clauses invoquées ainsi que du rapport d'expertise sur lequel la décision s'appuie. Ce document devient la pièce centrale de tout ce qui suit — il vous sera redemandé à chaque étape.

Un refus verbal, ou un refus qui se contente d'invoquer « les termes de la police », n'est pas une réponse. Insistez.

Le délai de soixante jours

L'assureur ne peut pas laisser un dossier en suspens indéfiniment. Une fois la déclaration de sinistre reçue — ou, s'il en a fait la demande, les renseignements et pièces justificatives — le Code civil lui impose de payer l'indemnité dans les 60 jours (article 2473).

Ce délai vaut en assurance de dommages — habitation, automobile, biens. En assurance de personnes, la règle est différente : l'assureur doit payer dans les 30 jours de la réception de la justification requise, ou dans les 60 jours en assurance maladie ou accidents, sauf si elle couvre la perte de revenus causée par l'invalidité (article 2436). Voir l'assurance vie refusée.

En pratique, ce délai est souvent repoussé par des demandes successives de documents. Chaque nouvelle demande peut relancer le compte. C'est pourquoi il vaut la peine de fournir un dossier complet d'un coup, et de dater chaque envoi.

Si les demandes de pièces se multiplient sans fin apparente, cela devient en soi un élément du dossier.

Exclusion, condition, ou fausse déclaration : ce n'est pas la même chose

Une exclusion retire une situation de la couverture — un type de dommage, une cause, un usage. La question est alors de savoir si votre situation y entre vraiment, et l'interprétation d'une exclusion se fait de façon restrictive.

Une condition vous impose une obligation : déclarer dans un certain délai, protéger le bien, permettre l'inspection. Son non-respect n'entraîne pas toujours la perte de l'indemnité.

Une fausse déclaration est le motif le plus lourd, et le plus mal compris. Elle n'emporte pas automatiquement la nullité du contrat : selon les circonstances et la bonne foi de l'assuré, la conséquence peut être une réduction proportionnelle de l'indemnité plutôt qu'un refus complet. En assurance de dommages, l'assureur demeure tenu de l'indemnité dans le rapport de la prime perçue à celle qu'il aurait dû percevoir, à moins que la mauvaise foi ne soit établie ou qu'il démontre qu'il n'aurait pas accepté le risque (articles 2410 et 2411). C'est très souvent là que se joue le dossier.

Ce que l'assureur peut exiger — et ses limites

À sa demande, vous devez lui faire connaître le plus tôt possible toutes les circonstances du sinistre : cause probable, nature et étendue des dommages, emplacement du bien, droits des tiers, assurances concurrentes. Vous devez fournir les pièces justificatives et attester sous serment la véracité des renseignements (article 2471).

La même disposition vous protège : lorsque vous ne pouvez remplir cette obligation pour un motif sérieux, vous avez droit à un délai raisonnable pour le faire. Un assureur qui refuse au motif d'un document manquant, alors qu'un motif sérieux explique le retard, s'appuie sur une base fragile.

Un avertissement en sens inverse : toute déclaration mensongère entraîne la déchéance du droit à l'indemnisation pour le risque auquel elle se rattache (article 2472). Exagérer une réclamation coûte souvent plus que la réclamation elle-même. La déchéance reste toutefois limitée à la catégorie de biens concernée lorsque le sinistre touche à la fois des meubles et des immeubles, ou des biens professionnels et personnels.

L'expertise et la contre-expertise

Le montant offert repose presque toujours sur l'évaluation d'un expert mandaté par l'assureur. Cet expert est compétent, mais il n'est pas neutre : il est payé par l'une des parties.

Vous pouvez faire évaluer le dommage par votre propre expert. Lorsque les deux évaluations divergent nettement, cet écart devient un levier de négociation concret, bien plus efficace qu'un désaccord exprimé sans chiffres.

Conservez le bien endommagé tant que le dossier n'est pas réglé, si c'est possible. Un bien jeté est une preuve perdue.

Avant de signer une quittance

Une première offre est rarement un plafond. Avant d'accepter, vérifiez trois choses : ce que l'offre couvre exactement, ce qu'elle éteint comme droits, et si elle tient compte de l'ensemble de vos pertes — y compris celles qui ne sont pas encore chiffrées.

Une quittance signée est très difficile à rouvrir. C'est le document qui mérite le plus d'attention dans tout le dossier, et paradoxalement celui qu'on signe le plus vite, parce qu'il arrive avec un chèque.

Les délais à surveiller

Le délai de prescription de trois ans est celui dont on parle. Mais votre police impose presque toujours des obligations d'avis beaucoup plus courtes — avertir l'assureur du sinistre, produire une déclaration, transmettre des pièces.

Ne vous fiez pas au délai le plus long. Dès un refus, relisez les obligations d'avis de votre contrat : c'est là que se perdent les dossiers, bien avant les trois ans.

Ce qu'il faut rassembler

  • La police d'assurance complète, avec ses avenants
  • Le refus écrit et les clauses invoquées
  • Le rapport d'expertise de l'assureur
  • Vos photos, vidéos et inventaire des biens touchés
  • Toutes les communications avec l'assureur, datées
  • Les factures, estimations et preuves de valeur

Voir l'ensemble des dossiers en droit des assurances

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Cette page présente de l'information générale et ne constitue pas un avis juridique.